Plus de 102 000 logements sociaux agréés en 2025 au titre du FNAP, soit une progression de 19 % en un an. Le chiffre est incontestablement encourageant. Mais après une année 2024 particulièrement faible et lorsqu’on élargit la perspective aux dix dernières années, le constat doit être nuancé : la production Hlm rebondit, sans avoir encore retrouvé sa dynamique passée.
Les chiffres officiels de la production Hlm 2025 sont enfin connus.
Et, à première vue, ils sont bons.
102 094 logements sociaux ont été agréés au titre du FNAP, auxquels s’ajoutent 15 595 logements agréés au titre de la reconstitution de l’offre dans le cadre du NPNRU.
Après plusieurs années difficiles, le signal est évidemment positif.
Mais un +19 % mérite toujours que l’on regarde le point de départ.
+19 % : un rebond à remettre en perspective
En 2024, environ 85 000 logements sociaux avaient été agréés hors ANRU. La progression enregistrée en 2025 est donc importante. Mais elle intervient après un point bas, ce qui amplifie mécaniquement le pourcentage de hausse. Pour mesurer réellement la dynamique de production, il faut élargir la focale.
En 2016, près de 124 000 logements sociaux avaient été financés. Dix ans plus tard, malgré le rebond de 2025, nous restons donc en dessous de ces niveaux.
2025 marque une amélioration. Pas encore un retournement de tendance.
Des conditions financières redevenues plus favorables
Cette reprise intervient aussi dans un environnement financier qui s’est progressivement amélioré pour les organismes Hlm. La réduction de la RLS a redonné des marges de manœuvre au secteur.
Dans le même temps, la baisse du taux du Livret A, auquel est indexée une grande partie de la dette des bailleurs sociaux, a contribué à alléger le coût du financement des opérations.
Ces deux évolutions ne suffisent évidemment pas à expliquer à elles seules le rebond de la production.
Mais elles rappellent une réalité fondamentale du modèle Hlm : la capacité à construire dépend directement des conditions financières dans lesquelles les organismes peuvent investir et emprunter.
2026 : des conditions favorables, mais un test grandeur nature
Sur le papier, plusieurs paramètres restent mieux orientés en 2026.
Le taux du Livret A a été abaissé à 1,5 % au 1er février 2026 et le niveau de la RLS a été ramené à 900 millions d’euros dans le budget 2026.
Pour les organismes Hlm, ces évolutions améliorent la visibilité financière. Mais elles ne supprimeront pas tous les obstacles à la production.
Prix du foncier, coûts de construction, complexité des opérations, délais administratifs, acceptabilité locale : le financement est déterminant, mais il n’est qu’une partie de l’équation.
C’est pourquoi 2026 sera particulièrement intéressante à observer. Si la dynamique engagée en 2025 se poursuit, on pourra commencer à parler d’une reprise plus durable. Dans le cas contraire, 2025 apparaîtra surtout comme une année de rattrapage.
Ne pas confondre agréments et logements livrés
Une dernière nuance est essentielle. Les chiffres annoncés portent sur des logements agréés ou financés. Ils ne correspondent pas à des logements immédiatement disponibles pour les demandeurs. Entre l’agrément d’une opération, son financement, son chantier et sa livraison, plusieurs années peuvent s’écouler. C’est pourtant bien la progression des agréments qui prépare la production de demain.
Le rebond de 2025 constitue donc une bonne nouvelle. Mais après plusieurs années de ralentissement et alors que la demande de logement social atteint des niveaux très élevés, une seule année ne suffira pas à inverser une tendance installée depuis près d’une décennie.
Le véritable indicateur sera désormais la continuité.
Céline Chabot
Cofondatrice de monLogement.ai – numérique & IA pour le logement social
Docteur en droit | 20 ans d’expérience au sein de bailleurs sociaux et de l’Union sociale pour l’habitat

